Une nouvelle étiquette énergie entre en vigueur

Depuis ce 1er mars, l’étiquette énergie change de tête. Créée en 1996, cette étiquette indique le niveau de consommation énergétique des appareils électroménagers. Or, depuis sa création, les appareils n’ont cessé de gagner en performance. Résultat : une grande partie des produits est désormais bien classée. Des classes A+, A++ puis A+++ ont même dû être ajoutées au fil du temps au-dessus de l’échelle initiale de A à G.

Vaccination contre la COVID-19 en France – possibilité d’administrer le vaccin AstraZeneca aux salariés de 50 à 64 ans inclus atteints de comorbidités par les services de santé au travail.

À la suite des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) relatives à l’administration du vaccin AstraZeneca, les ministres rappellent que les médecins du travail ont la possibilité de vacciner les salariés volontaires dans le respect des règles d’approvisionnement de droit commun.

Conformément aux recommandations du 2 février 2021 de la Haute autorité de santé (HAS), il a été décidé qu’à compter du 25 février 2021, après les professionnels de santé et du médico-social, le vaccin AstraZeneca sera utilisé notamment pour la vaccination des personnes de 50 à 64 ans inclus atteintes de comorbidités.

Les dispositions prises dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de covid-19 prévoient la participation des services de santé au travail aux actions de vaccination définies par l’État.

Dans ce cadre, les services de santé au travail (SST), services autonomes et services inter-entreprises, peuvent s’engager dans la campagne de vaccination auprès des salariés répondant aux critères d’âge et de comorbidité tels que définis par les autorités sanitaires.

Concrètement, à l’instar des médecins de ville, les médecins du travail doivent se rapprocher de la pharmacie d’officine de leur choix, pour s’identifier et se procurer des doses du vaccin AstraZeneca, sous le même régime de contingentement.

Comme pour tout acte de vaccination, leur intervention se fait dans le strict respect des règles déontologiques liées au consentement des personnes, au secret médical et à la confidentialité des vaccinations vis-à-vis de l’employeur.

La participation des médecins du travail s’intègre dans le cadre de la stratégie vaccinale définie par les autorités sanitaires, notamment s’agissant de la priorisation des publics cibles.

Le périmètre d’intervention des services de santé au travail sera amené à s’adapter dans les semaines qui viennent au fur et à mesure de l’évolution de la stratégie vaccinale globale et de la disponibilité des vaccins.

Une instruction de la Direction Générale du Travail (DGT) destinée à encadrer les modalités de leur intervention a été adressée aux services de santé au travail.

« Les services de santé au travail sont des professionnels expérimentés de la vaccination auprès du grand public. Leur mission principale est de protéger la santé des salariés. Chaque année, ce sont ainsi plusieurs dizaines de milliers de salariés qui sont vaccinés contre la grippe par leurs soins. Cette expérience ainsi que leur présence partout sur le territoire, au plus près du terrain, faciliteront l’accès au vaccin pour les salariés concernés » a déclaré Laurent Pietraszewski.

Source: Secrétariat d’Etat chargé des retraites et de la santé au travail Cabinet de M. Laurent PIETRASZEWSKI

Rappels de réglementation sur les appareils de levage

Les appareils de levage comprennent notamment les chariots élévateurs, les gerbeurs, les ponts roulants, les palans, certaines grues ainsi que les tables élévatrices.

Rappels sur les principales dispositions règlementaires applicables, en particulier les vérifications auxquels ils sont soumis.

De plus, les travailleurs à leurs commandes doivent être formés et, pour les équipements les plus à risques, doivent être titulaires d’une autorisation de conduite.

Nota : ne sera pas abordé ici la règlementation spécifique aux ascenseurs et monte-charges.

@https://www.scar.fr/services/controle-levage

Quelles sont les principales vérifications obligatoires ?

Les appareils de levage sont soumis à certains contrôles. Ces vérifications doivent être réalisées par des personnes compétentes dans ce domaine. Il peut s’agir de personnes internes à l’entreprise sous réserve qu’elles possèdent la qualification nécessaire. En pratique, elles sont souvent réalisées par des entreprises spécialisées (prestataires de contrôle, sociétés de maintenance, …).

Nota : certains équipements ne sont pas concernés. Exemple : transpalettes levant la charge juste de la hauteur nécessaire pour la déplacer en la décollant du sol

Le tableau suivant présente les principales vérifications :

appareils de levage vérifications

L’examen d’adéquation consiste à vérifier que l’appareil de levage est approprié aux travaux prévus ainsi qu’aux risques auxquels les travailleurs sont exposés et qu’il sera installé et utilisé conformément aux instructions du fabricant.

Pensez à mettre à disposition du vérificateur des charges permettant de faire la vérification à la CMU (charge maximale d’utilisation) de l’appareil.

D’autres vérifications spécifiques sont prévues, notamment en cas de changement de site d’utilisation.

Nota: les accessoires de levage (élingues, sangles, palonnier, …) sont également concernés par des vérifications

Le carnet de maintenance des appareils de levage

Un carnet de maintenance doit être constitué et tenu à jour pour chaque appareil de levage. Pour chaque opération sont indiqués la date des travaux, les noms des personnes ou des entreprises les ayant effectués, la nature de l’opération et, si besoin, sa périodicité.

Nota : ce carnet n’est pas forcément au format papier. Il peut être tenu électroniquement (ex : GMAO).

Une autorisation de conduite pour les appareils les plus à risques

Pour certains équipements à risque, les travailleurs doivent être titulaires d’une autorisation de conduite.

Quels appareils de levage sont concernés ?

  • les grues à tour ;
  • les grues mobiles ;
  • les grues auxiliaires de chargement de véhicules ;
  • les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté ;
  • les plates-formes élévatrices mobiles de personnes ;
  • les engins de chantier télécommandés ou à conducteur porté

Comment la délivrer ?

L’autorisation de conduite est établie et délivrée au travailleur par le chef d’établissement. Elle est conditionnée :

  • à la réalisation d’un examen d’aptitude réalisé par le médecin du travail,
  • d’un contrôle des connaissances et savoir-faire de l’opérateur pour la conduite en sécurité de l’équipement de travail (exemple : CACES).
  • et d’une connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le ou les sites d’utilisation.

Remarque : les salariés titulaires de cette autorisation doivent bénéficier d’un suivi individuel renforcé dans le cadre du suivi médical.

Former les travailleurs

La conduite des appareils de levage est réservée aux travailleurs ayant reçu une formation adéquate.

Cette formation doit permettre de donner au conducteur les connaissances et savoir-faire nécessaires à la conduite en sécurité.

Sa durée, son contenu ainsi que son renouvellement doivent être adaptés à l’équipement de travail concerné. Elle peut être dispensée par l’employeur ou assurée par un organisme de formation spécialisé.

Conclusion

Il est conseillé :

  • de faire l’inventaire de tous vos appareils de levage;
  • de vous assurer que le personnel concerné est formé et, pour les appareils le nécessitant, qu’il dispose d’une autorisation de conduite ;
  • de vérifier que :
    • ces appareils font l’objet de vérifications,
    • que les actions correctives sont mises en œuvre,
    • que ces vérifications sont inscrites dans votre planning de contrôle.
    • et qu’un carnet de maintenance existe.

Remarque : en cas de location, vous devez vous assurer:

  • que les vérifications précédentes ont bien été faites en récupérant une copie des rapports de la première mise en service et de la dernière vérification périodique
  • et d’avoir la notice d’instructions.

le protocole sanitaire national en entreprise est une nouvelle fois modifié

Le ministère du travail vient de modifier une nouvelle fois le protocole sanitaire national en entreprise afin de tenir compte des nouvelles règles relatives à une distance minimale de deux mètres et à l’interdiction du port de masques qui ne présentent pas de garanties sanitaires suffisantes.

Les règles relatives au télétravail restent, elle, inchangées. Une concertation avec les partenaires sociaux est toutefois prévue aujourd’hui 29/01/21.

Après la parution du décret du 27 janvier 2021, le protocole sanitaire national en entreprise est une nouvelle fois modifié afin de le mettre en conformité avec la nouvelle règle de distanciation de deux mètres et la limitation des masques autorisés.

Le protocole actualisé au 29 janvier a été mis en ligne vendredi soir sur le site du ministère du travail. 

Respecter la distance de deux mètres

Le protocole précise qu’il faut respecter une distance physique d’au moins un mètre, réévaluée à deux mètres lorsque le masque ne peut être porté, dans les situations prévues dans le questions/réponses du ministère du travail (par exemple, les métiers très spécifiques pour qui le port du masque permanent n’est pas possible) ou les espaces de restauration collective, ainsi que dans les espaces extérieurs. C’est également le cas dans les ateliers où il est possible de ne pas porter le masque pour les salariés travaillant en ateliers dès lors que les conditions de ventilation / aération fonctionnelles sont conformes à la réglementation, que le nombre de personnes présentes dans la zone de travail est limité. Les salariés concernés doivent alors respecter la plus grande distance possible entre elles, au moins deux mètres, y compris dans leurs déplacements, et porter une visière. 

Pour ce qui concerne les vestiaires, lorsque le masque doit impérativement être retiré (exemple : prise de douche), la distance de deux mètres doit être respectée.

Limitation des types de masques autorisés

Le type de masques pouvant être portés dans les espaces publics est désormais réduit. Cette règle est appliquée aux lieux de travail par le protocole. Il s’agit soit d’un masque « grand public filtration supérieure à 90 % » (correspondant au masque dit de « catégorie 1 »), soit d’un masque de type chirurgical.

Les masques grand public filtration supérieure à 90 % doivent avoir satisfait aux tests garantissant les performances requises et sont reconnaissables à l’un ou l’autre des deux logos le spécifiant, qui doit obligatoirement figurer sur leur emballage ou sur leur notice. 

Tableau récapitulatif 

Les règles du télétravail inchangées

Les règles applicables au télétravail ne sont pas modifiées et ne devraient pas l’être, en dépit des déclarations du Premier ministre vendredi soir, après le conseil de défense organisé en urgence en fin d’après-midi. « Dans toutes les entreprises où cela est possible, le recours effectif au télétravail devra être renforcé. A cet effet, une concertation sera conduite lundi avec les partenaires sociaux pour en définir les modalités. Ce principe s’appliquera de la même manière dans les administrations publiques », a ainsi déclaré Jean Castex.

Selon le ministère du travail, « l’enjeu est de faire appliquer plus strictement cette règle [celle prévue par le protocole tel que modifié le 6 janvier, soit télétravail à 100 % lorsque le poste le permet avec la possibilité de revenir sur site un jour par semaine pour les salariés qui en expriment le besoin] car nous avons constaté une érosion ces derniers temps. 64 % des personnes qui peuvent facilement télétravailler le font contre 70 % en novembre. Nous avons donc des marges de manœuvre. Nous voulons remobiliser l’ensemble des entreprises et des salariés. Ce sera l’objet de la discussion de lundi ».

Source: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043070201#:~:text=Copier%20le%20texte-,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202021%2D76%20du%2027%20janvier%202021%20modifiant,l’%C3%A9tat%20d’urgence%20sanitaire

décembre 2020 Actu réglementaire (extrait)

Nouvelles valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes pour certains agents chimiques

Le décret 2020-1546 du 9 Décembre 2020 fixe de nouvelles valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes pour les agents chimiques suivants :

Acrylamide ; Bromoéthylène ; 1,3-butadiène ;  1,2-époxypropane ; Formaldéhyde ; Hydrazine ; 2-nitropropane ; Oxyde d’éthylène ; o-toluidine.

Ce décret est applicable au 1er Février 2021.

Consultez l’arrêté complet pour connaître le détail de ces nouvelles valeurs limites: https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=raRlE9gofcET7O-TJmpU4Jf-kKrCNlGL2eLZcYDfvps=

Vaccination : les employeurs doivent solliciter leur médecin du travail

Alors que le vaccin contre la Covid-19 est déployé en France, l’heure est au questionnement. L’employeur peut-il savoir si ses salariés sont vaccinés ? Que se passera-t-il si le vaccin est obligatoire pour les salariés amenés à voyager ? Camille-Frédéric Pradel, avocat du cabinet Pradel Avocats, envisage les questions inédites qui seront soulevées dans les semaines à venir.

L’employeur peut-il aujourd’hui proposer une vaccination à ses salariés ?

Cela dépend si la vaccination en question est obligatoire ou non. Si elle l’est, l’employeur doit s’assurer que le salarié est bien vacciné. Par exemple, la vaccination contre le tétanos est obligatoire pour certaines professions. L’employeur doit donc solliciter le médecin du travail afin de s’assurer que cette vaccination a bien lieu. 

Si la vaccination n’est pas obligatoire – comme ce sera le cas pour la Covid-19 si l’on en croit les déclarations récentes de la ministre du travail – le code du travail prévoit que l’employeur peut recommander aux salariés exposés à certains risques biologiques de se faire vacciner. Cette recommandation doit toujours se faire sur proposition du médecin du travail (article R.4426-6 du code du travail)

Pour les salariés exercant dans le milieu médico-social, la situation est particulière, et l’obligation vaccinale est beaucoup plus forte. Dans ces établissements, le médecin du travail doit veiller à ce que les salariés aient bien bénéficié de tous les vaccins obligatoires. Il peut procéder lui-même à ces vaccinations, « ainsi qu’à celles qui seraient imposées par une épidémie » (article R.4626-25 du code du travail). Il semble donc que ces dispositions permettent d’imposer, via une décision du médecin du travail, une vaccination au personnel des établissements de santé et médico-sociaux. 

Lorsque l’obligation de se faire vacciner est exigée par la loi, la jurisprudence a déjà considéré que l’employeur pouvait sanctionner le défaut de vaccination, la sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. Mais qu’en sera-t-il pour la Covid-19 ? Cette solution particulièrement dure pour le salarié prévaudra-t-elle si l’obligation de se faire vacciner résulte, non pas de la loi, mais d’une décision individuelle du médecin du travail ?

De nombreuses questions vont se poser dans les semaines et mois à venir. Car en fonction de l’évaluation des risques dans l’entreprise et des recommandations du médecin du travail, l’employeur pourra proposer une vaccination en entreprise. Reste à savoir quelles seront les conséquences de cette proposition.

Dans quelles conditions matérielles doit se dérouler une vaccination en entreprise ?

Pour l’instant, nous n’avons que peu d’informations. La dernière version du protocole sanitaire en entreprise, datée du 6 janvier 2021, ne dit rien sur l’organisation de la vaccination en entreprise.  Seule la loi ou le médecin du travail peuvent prévoir l’organisation d’une telle vaccination. En pratique, elle sera organisée dans les services de santé interentreprises, ou bien dans les services de santé au travail internes des grandes entreprises qui disposent de leur propre médecin du travail.

Que se passe-t-il si malgré la recommandation de l’entreprise, le salarié ne souhaite pas être vacciné contre la Covid-19 ?

Ce point soulève un certain nombre de questions. L’employeur sera-t-il déchargé de sa responsabilité une fois qu’il a recommandé la vaccination à ses salariés ? Si tel est le cas, l’employeur pourra se contenter de continuer à faire appliquer les gestes barrières dans l’entreprise – ainsi que l’ensemble des mesures de prévention déjà applicables – pour remplir son obligation de sécurité.

Si l’évaluation des risques fait apparaître un risque élevé de contamination, on pourrait également imaginer que le médecin du travail préconise, pour les salariés réfractaires à la vaccination, un aménagement de poste similaire à ce qui existe aujourd’hui pour les salariés vulnérables. Cette solution impliquerait un maintien en télétravail dès que possible, voire la possibilité de bénéficier du dispositif d’activité partielle (pour les salariés vulnérables). Mais pourra-t-on faire bénéficier de l’activité partielle à des salariés qui ne se font pas vacciner par choix ?

L’employeur peut-il savoir quels salariés se sont fait vacciner ?

En principe, le secret médical veut que l’employeur n’ait pas accès aux données liées à la santé du salarié. Toutefois, si le médecin du travail préconise un aménagement de poste lié au refus du salarié de se faire vacciner, l’employeur sera indirectement averti. De même, si l’employeur souhaite contester les aménagements, il sera difficile de concilier secret médical et droit au recours contre une décision justifiée par des éléments médicaux.  

D’autres situations risquent d’émerger pour les salariés dont les missions les obligent à voyager. Si le transport aérien est réservé aux personnes vaccinées, l’employeur pourra-t-il légitimement demander au salarié une attestation de vaccination ?

D’autre part, certains pays pourront exiger que les étrangers entrant sur le territoire aient bénéficié d’un certain type de vaccin. Une entreprise française pourra-t-elle alors tirer les conséquences sur le contrat de travail d’un défaut de vaccination conforme aux exigences d’un autre pays ? 

La jurisprudence aura bientôt à répondre à des questions jamais posées jusqu’alors. En attendant, il faudra avancer à tâtons. Je conseille dans un premier temps aux employeurs de solliciter leur médecin du travail pour connaître sa position quant à la vaccination des salariés. 

Laurie Mahé Desportes

Source : https://www.editions-legislatives.fr/actualite/vaccination-les-employeurs-doivent-solliciter-leur-medecin-du-travail?utm_source=LinkedinHSE&utm_medium=social&utm_campaign=boutique&utm_content=articleActuEL

Consulté le 18-01-21

Valoriser les déchets, mais pas à n’importe quel prix

Les activités de gestion des déchets, fortement structurées par la réglementation, doivent sans cesse se réinventer pour répondre à leurs évolutions rapides. Ces dernières engendrent de nouvelles filières spécialisées et revoient régulièrement à la hausse les objectifs en matière de collecte et de recyclage. Dans un secteur à faible valeur ajoutée, cette impermanence a des conséquences sur la prévention des risques professionnels.

EN FRANÇAIS, le terme « déchet » est associé à quelque chose d’ultime dont il ne reste plus rien à tirer, de sale et dont il faut se débarrasser. Cependant, engagé il y a une quarantaine d’années, un renversement dans l’approche de la gestion des ordures pourrait bien finir par changer la donne. Et si les déchets devenaient synonymes de valeur et de richesse ? Dans les faits, ces mal-aimés ont pris une tout autre dimension. Fini le temps de la mise en décharge et de l’incinération. Place à la valorisation.

Ce changement de paradigme, issu de la prise de conscience de la nécessité de préserver la planète et ses ressources, a rendu caduc le modèle linéaire de gestion des déchets qui, petit à petit, devient circulaire. Il faut réutiliser, recycler, valoriser. Seuls les déchets ultimes, ceux que l’on ne sait pas (encore) valoriser, doivent être stockés et éliminés. Cette nouvelle perspective est soutenue par des directives qui s’écrivent au niveau européen avant d’être transposées dans les droits nationaux des États membres. Cette réglementation définit des objectifs en termes de collecte et de recyclage, mais aussi d’organisation pour les atteindre. De ce fait, elle contraint et structure fortement le secteur des déchets.

Une spécialisation à double tranchant

Différentes filières « responsabilité élargie des producteurs » (REP) ont ainsi vu le jour dans l’Hexagone. Elles sont mutualisées entre plusieurs producteurs par l’entremise de structures appelées « éco-organismes », ou bien individuelles. Certaines sont communes à l’Europe comme celles des emballages ménagers, des piles et accumulateurs, des automobiles, des équipements électriques et électroniques (DEEE) ou des médicaments. D’autres sont d’initiative française, comme celles de l’ameublement, des pneumatiques, des produits chimiques, des textiles, des linges de maison et chaussures ou des déchets d’activités de soin à risques infectieux (Dasri)… Des professionnels ont également organisé volontairement leurs propres filières. C’est le cas, par exemple, des fabricants de cartouches d’encre et de ceux de mobile homes. Et, à partir du 1er janvier 2022, le BTP, plus gros pourvoyeur de déchets, aura lui aussi sa filière dédiée.

_DES HOMMES, DES ENTREPRISES, UN SECTEUR

  • En 2017, 111 650 personnes travaillaient dans le secteur des déchets. Cela représente quasiment 25 % des emplois du secteur de l’environnement. Environ 90 % des plus de 8 000 entreprises du secteur ont moins de 10 salariés. Selon les données de l’Insee de 2018, 45 % des salariés travaillent à la collecte, 31 % à la récupération et le reste à l’élimination.
  • Selon l’Ademe, en 2017, la quantité estimée de déchets produits en France s’élevait à 326 millions de tonnes, en légère hausse par rapport à l’année précédente. Elles se répartissent entre le BTP (224 Mt), l’activité économique et associée (66,1 Mt), les ménages (31,7 Mt) et les collectivités (4,2 Mt). Sur le total, 15,7 Mt sont éligibles pour entrer dans les REP françaises…

« Cette spécialisation, par type de déchets, a débouché sur des innovations en matière de modes de tri, de techniques de recyclage et de valorisation. En contre­partie, elle a rendu plus complexe le secteur en multipliant les filières de traitement, estime Éric Silvente, responsable du laboratoire procédé et épuration des polluants de l’INRS. De même, de nombreux acteurs interviennent lors des différentes étapes du cycle de vie du déchet (« metteur sur le marché », consommateur, collectivités territoriales, recycleurs, éco-organismes…) et obéissent souvent à des logiques différentes. Qu’elles soient d’ordre économique ou politique, ces préoccupations variées ne facilitent clairement  pas les choses. » 

Des activités extrêmement diverses

Du point de vue de la sécurité au travail, cette multiplication des filières, des acteurs et des intérêts n’est certainement pas un avantage. Pour une prévention efficace des risques professionnels, la coordi­nation est primordiale. Par exemple, lorsqu’une entreprise chargée de la collecte des piles ne les stocke pas à l’abri des intempéries ou les manipule violemment à l’aide d’engins, l’intégrité de leurs enveloppes peut être compromise et laisser échapper des produits dangereux ou provoquer des réactions dangereuses. De quoi exposer à des risques les salariés des maillons suivants de la chaîne qui sont chargés de les trier.

Port de charge, manutentions, travail en hauteur, machines-outils, agents biologiques, bruit… les sources de risques potentiels ne manquent pas dans le secteur. « Ils sont fonction non seulement des procédés mis en œuvre, mais aussi du type de déchets, poursuit Éric Silvente. Par exemple, si le risque biologique est présent dans la REP Dasri, il ne l’est pas dans celle des piles. En outre, la composition des déchets n’est pas toujours connue des entreprises qui les prennent en charge.  Ils recèlent potentiel­lement des substances bannies ou concentrées au-delà des seuils autorisés aujourd’hui, car toxiques ou délétères pour l’environnement. » Enfin, certains matériaux se transforment ou se dégradent, à l’instar des déchets biologiques et, ce faisant, peuvent développer des caractéristiques dangereuses pour la santé.

La complexité du secteur des déchets, du point de vue de sa structuration comme de celui des risques auxquels il expose ses salariés, a des conséquences en matière de sécurité au travail. Les chiffres de sinistralité sont là pour le prouver. La collecte et le recyclage présentent des taux d’accidents du travail élevés. En 2018, avec un indice de fréquence respectivement de 67,9 et 80,1, ces activités sont devant le BTP qui atteignait un taux de fréquence de 56,1 cette année-là

© Gaël Kerbaol /INRS/2020

source: https://www.travail-et-securite.fr/ts/dossier/LES%20FILI%C3%88RES%20D%C3%89CHETS.html

HSE-Expertise vous souhaite une belle année 2021 – dans un contexte que nous espérons plus serein 

Pour HSE-Expertise, les objectifs de l’année sont :

  • Poursuivre la prospection auprès de la clientèle des Cotes d’Armor
  • Continuer à communiquer des éléments d’information en gestion de la Santé, Sécurité et Environnement
  • Consolider son réseau de préventeurs

Encore bonne année à tous,

Thierry RAULT